Interview

Interview fleuve de DO -« Une vie banale » entre anorexie, rejet et perte de l’estime de Soi. 

Do

Une société c’est 1+1+1+1+1+1+1+1…autant de parcours variés et quand on gratte on s’aperçoit même que des gens qui mènent une vie banale n’ont rien de banal. Nous n’avons pas voulu interviewer une rescapée de la guerre, un survivant d’une catastrophe naturelle, une personne autrefois battue, violée. Une vie peut être riche (et riche d’obstacles) sans avoir forcément vécu des traumatismes tels que ceux causés par ce que nous venons de citer. Et si nous avons parfois le sentiment d’avoir des vies monotones (comme le chantait Gérard Manset en 1984) il n’en est rien en réalité. Un système peut-être monotone, pas nos vies, pas la Vie.


Nous nous sommes entretenus avec une internaute dont jusque là nous ne savions rien. Ce sont quelques échanges en off sur Facebook qui nous ont conduit à cet entretien ci-dessous. Que Do (c’est ainsi qu’elle veut qu’on l’appelle) en soit remerciée. Son témoignage n’a rien de fondamentalement « extraordinaire » mais il parlera à tous.  Et pourtant ! Il est important et peut aider ceux et celles qui nous lisent. Car une femme qui se reconstruit et assume de vivre nous apprend forcément quelque chose.

Do, merci d’avoir accepté cet entretien avec Mouvelife

Merci c’est moi

Vous visitez souvent notre site ?

De temps en temps, il faut que ça me parle

Et on si vous dit ‘résilience’, à quoi vous pensez ?

C’est tout ce que j’ai vécu.

Et si on vous dit développement personnel ?


C’est ce que j’ai mis en place depuis deux ans, après un rencontre.

Vous avez la trentaine d’année, vous vivez à Compiègne ?

Oui, ça fait une dizaine d’année que je vis en Picardie. Avant je vivais dans le Val d’Oise et je suis partie de là-bas pour suivre mon ex-conjoint qui avait un poste en Picardie

Vous êtes partie en Picardie par amour ?

Oui on peut dire ça. C’était aussi pour fuir mes parents. Surtout.

Pourquoi ?

Je ne voulais plus vivre sous le même toit depuis de très nombreuses années.

C’était dû à une crise d’adolescence ou c’était quelque chose de bien plus profond ?

C’était bien plus profond, ça venait aussi de mon enfance, je me rejetais moi-même, j’avais des rapports conflictuels avec mon père, ma mère, ma sœur. Je me sentais étouffée par ma famille qui voulait toujours tout savoir sur tout, se permettait de juger le peu que j’arrivais à faire dans ma vie.

Comment vous expliquez leur attitude à votre égard ?

Avec le recul. Je réfléchis… J’étais la petite dernière, c’était inconsciemment pour eux celle qui allait s’occuper d’eux quand ils seraient vieux. Je crois qu’ils avaient peur que la petite dernière s’en aille et qu’ils se retrouvent seuls. Heureusement pour eux, très vite après mon départ, ils sont devenus grands-parents. L’attention s’est déplacée.

Mais vous parlez de difficultés  avec vos parents pendant l’enfance.

Mon père était peu présent dans mon enfance. Le travail, mais il était aussi très impliqué dans le domaine sportif. Il faisait du judo trois fois par semaine, il courrait. Il ne tenait pas en place, il ne tient toujours pas en place. J’étais petite, il partait à 6h, il revenait à 18h, du coup c’est surtout ma mère qui s’occupait de ma sœur et moi. Ma mère me rabaissait énormément, me disait que je n’arriverais à rien dans ma vie. 

C’est étonnant car dans les familles, les petites dernières ou les petits derniers sont souvent choyés, là c’est le contraire.

J’étais la petite de trop. Quand j’étais ado et que je me fâchais, je lui disais  » de toute façon tu ne m’as jamais voulu « , elle s’énervait et disait « Non, dis pas ça ». Il y a un an et demi, lors d’un repas dehors, elle a dit ouvertement que je n’étais pas désirée, que je suis arrivée comme un cheveu sur la soupe. Mais ce rejet m’a permis aussi plein de choses, j’a pris du recul. 

Et votre sœur ?

Ma sœur aînée, qui a trois ans de plus que moi, que j’ai toujours surnommée ma maman 2.

Une relation fusionnelle ?

Pas du tout. C’était conflictuel, il y avait toujours quelque chose à critiquer, la musique que j’écoutais etc. L’ordinateur était dans sa chambre, pour l’utiliser fallait que j’y aille en douce, ce qui m’a appris à faire les choses en douce. Plus tard, elle avait toujours un truc à dire concernant les copains de mon adolescence… c’était un environnement stressant, oppressant, les ados de mon âge sortaient, ils ont vécu leur adolescence à sortir, avec des copains, ils faisaient plein de trucs, moi j’étais enfermée dans ma chambre, dans mon monde, à regarder le ciel, regarder des films, à rêvasser comme disait ma mère. Mes parents avaient toujours un truc à dire sur tout ce que je faisais, ça  a laissé en moi des traces dans ma vie d’adulte.

Une famille engagée ? Quel était sa vision politique ?

Alors là c’était la famille tabou : on ne parlait jamais de politique, d’argent, de sexualité. Même les règles étaient taboues. Ma sœur et moi avons été baptisées. Mais ma sœur a fait la communion juste pour avoir les cadeaux, elle a avoué. Ma mère m’a demandé si je voulais faire aussi ma communion.  Chose que je n’ai pas fait. 

Mais alors vous parliez de quoi ?


Et bien, pas grand chose. Les voisins qui fon trop de bruit, les grand-parents car il y a eu beaucoup de conflits avec les grands-parents paternels. Il y avait l’école  les devoirs… ma mère qui me disait « c’ est important d’aller à l’école, pour avoir bon job, pas comme moi « . 

En 2021, où vous en êtes dans les relations avec votre famille ?

Je dirais que ça commence à aller mieux, notamment suite à ma séparation avec mon conjoint. Je me rejetais tellement que je les ai rejetés totalement. C’est étrange car à la fois je les rejetais et à la fois j’avais besoin d’eux dans ma vie. Je suis plus détendue avec mon père, c’est un grand blagueur, on arrive à discuter, rigoler. Ma mère est toujours en train de se plaindre. Ma sœur, ça s’améliore pas à pas. Oui vraiment la séparation avec mon conjoint m’a libéré. 

Mais vous avez eu votre part d’affection jeune ou adolescente ?

Très peu. (silence). Non. Ma sœur m’insultait plutôt qu’autre chose. Depuis toute gamine, quand j’avais 5, 6 ans, on passait devant un mac do quand on revenait de ma grand-mère , quand je demandais si on pouvait avoir  un mac do, mes parents disaient non, cinq minutes plus tard quand ma sœur  demandait si on pouvait avoir un mac do, mes parents disaient oui. Mes parents acceptaient tout pour elle.

Vous avez discuté plus tard de cette inégalité de traitement ?

Non. C’est pas le moment. Elle est trop ancrée dans la matière, le superficiel, le train-train quotidien. Mais je sais que dans quinez ou vingt ans on aura cette discussion. Quand on aura cette conversation, chacune de son côté aura avancé.  Je suis confiante. 

Avec votre conjoint, vous étiez pacsé ? C’était le premier amour de votre vie ?

On était pacsés. Mais le sentiment amoureux je l’ai eu très tôt, dès la maternelle. Avec l’amour inconditionnel comme les enfants en sont capables. Puis au collège et évidemment au lycée. A 17 ans, je suis resté avec quelqu’un pendant deux ans, il est parti voir ailleurs et en même temps, j’avais plutôt ressenti que c’était dû au frère plutôt qu’autre chose. C’est la personne qu’il a rencontré qui m’a dit sur skyblog  » je crois qu’on a le même mec ». Maintenant j’en rigole mais à l’époque, je ne rigolais pas du tout. 

Le conjoint que vous avez suivi, vous l’avez connu dans quelles circonstances et pourquoi l’avez vous suivi ? 

Je l’ai rencontré lorsque je cherchais un patron pour mon alternance, je suis rentré dans l’entreprise où il travaillait le mercredi et on est sorti ensemble le samedi, puis j’ai imité ma sœur, je l’ai suivi, il fallait trouver quelqu’un et s’installer. Je dois dire que quand j’ai eu mon bac, ma mère n’avait pas cru. J’ai eu mon bac avec mention, il a fallu que ce soit mon ex-conjoint qui lui confirme par téléphone, ce fut dur à vivre. Il y a eu une cassure et c’était le moment de partir pour moi, de quitter le climat familial et de suivre mon ami. Avec le schéma du rejet, je me dévalorisais tellement que je pensais que les études étaient impossibles pour moi. J’avais des crises d’angoisses, de l’anorexie. Il fallait fuir. Le premier truc qui s’était mis sur mon chemin, c’était mon ex. Une fuite mais pas la liberté, puisque se fut une descente aux enfers. Dix ans et demi d’enfer. Sur dix ans, huit ans où je dormais, où je n’étais que l’ombre de moi-même. J’ai un mot qui me vient, c’est perversion. Dans le sens où il m’encourageait dans mon état. Je buvais ses paroles, je fusionnais avec lui. Je cherchais l’amour et le regard de l’autre. 

Il avait un schéma familial très spécifique, on allait voir sa famille de moins en moins, il ne s’y sentait pas bien. Moi de mon côté étant solitaire, je ‘avais pas d’amis. Lui il avait quelques amis, mais je n’étais pas dans leur délire, je me sentais à l’écart. Même entourée de monde, je me sentais seule, pas bien. Nous n’allions jamais au théâtre. Au cinéma cela nous arrivait même si au bout d’un moment, il y avait toujours ce truc. C’était l’argent, il se plaignait que c’était lui qui payait plus que moi alors que nous n’avions pas du tout le même niveau. Une fois au cinéma au bout de cinq minutes j’ai eu une crise d’angoisse et je suis allée l’attendre dans la voiture. Le restaurant, encore moins car j’étais anorexique, sauf vers la fin. Et pour lui de toute façon le restaurant, c’était kebab, burger, macdo, fast food. 

Son père était français, sa mère était née à Pondichery, en Inde. Son père, plutôt blanc, chasseur. Son père a quitté sa mère, il avait 17 ans. Après il est parti avec une femme d’origine africaine, le grand-père n’était pas du tout content. De son côté, le climat familial était délétère. Mon ex a pris inconsciemment la place du mari dans la famille et sa mère très dépendante de lui.

Je dois vous parler aussi de sexualité… avant mon ex, j’avais rencontré quelqu’un, ça  a duré 6, 7 mois, ça m’a éveillé à la sexualité, c’était la première fois où j’avais du plaisir, où je n’avais pas mal. La première fois il faut dire que ça c’était passé chez mes parents, ça n’avait même pas duré cinq minutes. J’avais eu mal, le mec me disait que c’était normal. J’ai vécu cette première fois dans la souffrance, ça laisse des traces psychiques. La douleur est revenue dès la première fois avec mon ex-conjoint. On faisait l’amour en cachette car sa chambre était son lieu de vie, où sa famille rentrait n’importe comment. Genre sa mère cogne très fort  au moment où nous sommes sous les draps et crie « qu’est-ce qu’on mange ? « . Je crois qu’il était mal à l’aise aussi. La pénétration, j’ai connu ça  4 fois en dix ans. après c’était plus des gestes tendres. Puis est venue une époque où il ne pouvait plus me toucher. C’était une vie de couple à mille lieux des films romantiques que je voyais. De plus,  il y avait cette anorexie qui s’est aggravée, c’était par phases. La première phase c’était à 14 ans, dans une famille d’accueil, j’étais loin de mes parents, c’était dur. Tout ce qui était colonie, c’était le pire cauchemar. 

J’ai touché littéralement le fond à 23 ans, quand ma soeur s’est mariée. Lors du mariage de ma soeur, j’avais pris un 36. J’adorais. La dame du magasin me dit c’est trop grand et m’a conseillé la taille en dessous sur le mannequin dans la vitrine. J’adorais la robe et je ressemblais à un sac d’os. J’ai acheté une robe noire chez Mango qui cachait tout. Quand on ne se nourrit plus on a de plus en plus de trous de mémoires. Mais je ne me suis jamais fait vomir, j’étais phobique du vomi, je n’ai jamais pris de laxatifs. C’était simplement la privation pure et dure de l’alimentation. Un autre moment je pouvais manger, manger, manger. Une fois j’avais tellement mangé, mon coeur palpitait, j’ai songé à me faire vomir mais, une petite voix m’a dit  » non te fais pas vomir sinon ce sera la fin « . Je me suis couchée à côté des toilettes, j’ai tenu. Avec le recul, il y a une force en moi, je crois. C’est tout récent que je retrouve le plaisir de dîner, je suis sorti de l’anorexie mais ça se fait par étapes.

Personne n’a relevé le fait que vous étiez anorexique et vous travaillez dans une boulangerie ?

Non, pas vraiment. Vous savez, j’étais abonnée au médecin.  Aucun médecin n’a détecté de troubles alimentaires. Bon, ils n’étaient pas armés pour ce sujet. 

Surtout les médecins de famille.

C’est vrai. Et après quand je me suis retrouvée sur Compiègne, je faisais bien la comédienne. Quand le médecin me disait que j’avais un peu maigri, je bottais en touche avec de l’humour. A la boulangerie, je ne ressentais  pas ma faim, mais je savais donner faim aux autres, du coup j’étais l’une des meilleures vendeuses. En fait, j’avais tellement faim inconsciemment que je communiquais mon enthousiasme. J’y suis toujours dans cette boulangerie, depuis 7 ans et demi. Quand je mangeais, c’était soit une salade ou du sucré. Mais la salé ne passait pas. L’anorexie c’est complexe, ça prend de multiples facettes. Mais mon ex n’était pas dupe, il me disait  » il faut que tu manges, la nourriture c’est comme de l’essence dans une voiture, si ça continue comme ça, je t’emmène  l’hôpital « .  Je ne voulais pas y aller, j’ai fait des efforts progressifs.

Le confinement, vous m’aviez dit  avant cet entretien, que ce fut révélateur et que ça vous a encouragé à quitter votre copain…

Oui même avant. J’avais déjà songé à la quitter, c’était au bout de quatre ans, il m’a retenu. Ensuite, il m’a presque forcé à signer un 35 heures dans une boulangerie. Ce fut difficile à vivre. J’avais encore mes troubles alimentaires, mes crises d’angoisse, je travaillais six jours sur sept, la pression. J’ai même songé au suicide. En finir avec le boulot, le couple. Et puis la vie, les synchronicités. Mon ex me parle d’une cliente qui fait de l’hypnose régressive. Puis je me retrouve à faire une hypnose avec Adeline Petit. J’ y allais sans arrière pensée. En 2018, mon ex conjoint y a eu recours aussi, car il avait aussi un passif. Mais c’était peu probant. Je dois confier que quand j’ai rencontré Adeline Petit, ce fut comme une retrouvaille. La première fois qu’on la voit, ce qui nous marque ce sont ses yeux. 

Oui, on le remarque.

On le remarque direct.

Ses yeux, sa silhouette.

Et pour moi, ce fut la sensation de retrouver une amie.  Avant de faire la séance, on a dû parler pendant une heure, une heure et demi. J’ai  parlé sexualité, une façon de sauver mon couple. Mon conjoint me faisait comprendre que tout était de ma faute. Adeline était un peu comme la dernière chance. La sexualité était un vrai problème. Surtout quand quelqu’un te met tout sur les épaules. Adeline a su me dire que ce genre de problème ça va dans les deux sens, ce n’est jamais unilatéral.

Comment l’avez-vous vécu le confinement ?

Le premier confinement… Juste avant c’est-à-dire fin janvier, début février j’avais déjà dit à mon conjoint  » il y a deux possibilités, soit on reste et on évolue ensemble sinon on se sépare et chacun suit sa vie ». J’avais eu l’idée d’aller voir une thérapeute de couple et il avait accepté de m’accompagner. J’étais remplie d’espoir… le rendez-vous… bon… on était toujours au même point… le seul coupable c’était moi… je dois confier aussi qu’il n’arrivait pas à trouver le vagin… je lui disais  » Là tu vas vers l’anus », et il disait « non, non, c’est le vagin… ». J’en arrivais à douter de mon corps. On le faisait dans le noir. Il aimait que je lui fasse une fellation. Mais me faire une cunnilingus, c’était toute une histoire. Les trois premières semaines du confinement, je regardais beaucoup la télé, je m’endormais devant la télé. La troisième semaine il y a eu déclic, il se réveille, moi je le regarde, il me dit : « quelle heure il est »; je lui dis : « 8 heures ». Et sa réaction : « ah ben c’est cool je vais pouvoir voir deux autres épisodes de ma série ». Alors ok, le gars, tout ce qu’il trouve à dire au réveil à 8h, c’est je vais voir la télé à côté de sa nana. Les semaines passaient, il faisait l’intégrale de Game of thrones, ou Avengers. Je ne voulais plus vivre ça… Et là est arrivé le compagnon de ma voisine. Elle était sous tutelle, souvent éméchée, parfois la police venait. J’appelais les flics, il venait me reprocher d’avoir appelé les flics, je contactais le propriétaire, bref, c’était trop. C’était fin avril 2020. Il n’y avait plus rien à faire. A ce moment là mon corps de femme se transformait. Je redevenais belle. Il avait des crises de jalousie, il ne supportait pas qu’on voit ma poitrine mise en valeur. Pour lui, la femme devait se cacher. Le Noël avant le confinement, il m’a fait une crise suite à un repas en famille. Je lui ai claqué dans la tronche : « Je m’habille comme je veux, tu n’as rien à me dire sur la manière de m’habiller ». Je lui dit fin avril, dans la chambre « C’est fini, on se sépare ». Il m’a dit  » Oui, on est devenu que des partenaires financiers ». Au bout de dix ans…

Heureusement entre temps j’avais commencé à chercher un appartement. Quand j’en ai parlé à mes parents, là aussi ça a été la claque. Mon père me disait : »oui mais ça peut arriver dans des couples que ça aille pas fort après tant d’année ». Ma rupture bousculait leur train-train quotidien. J’ai déménagé en août et pris le temps de parler plus longuement à mes parents de ma vie. Je ne voulais plus des non-dits. A partir de la séparation j’ai commencé à revivre, je me suis remise au chant. La seule matière à l’école où j’excellais c’était en musique. Quand j’ai voulu faire du piano, mon père a refusé en disant  » Non ce n’est pas un sport » et il avait prétexté le budget. J’en ai reparlé à mon père récemment de ça, il a dit :  » Non je ne m’en souvenais pas de ça ». Je me suis dit laisse tomber, il avait la mémoire sélective, de plus en plus.

Maintenant, je vis avec moi-même. Quand je suis allée au conservatoire récemment pour le cours de chant, je me suis sentie chez moi, à ma place où je devais être. C’est une libération !

Actuellement, vous êtes toujours à Compiègne ?

A quinze minutes, je bosse toujours à la boulangerie et je vis avec mon chat.

Comment ce chat a fait irruption dans votre vie ?

Et bien, ça faisait déjà quelques années que je voulais un chat mais mon conjoint était allergique. Puis on est allé chez un couple d’amis, leur chatte avait eu une portée et il y avait un petit chaton gris, prématuré. Quand je suis revenue les voir, le petit chaton avait bien grandi et se collait à mon conjoint. Mon amie a insisté pour que mon conjoint le prenne, et on s’est retrouvé avec ce petit chat. Après des recherches, j’ai découvert que le chat a une autre symbolique, c’est un des noms qu’on donne au pénis de l’homme et tout s’est passé comme si le chat prenait la place de mon ex. Il se comportait avec moi comme si j’étais sa femelle. Je dormais, il dormait.

Etonnant. Et où en êtes-vous maintenant ?

Et bien ça fait un an que je suis célibataire, je ressens que je vais rencontrer quelqu’un. Mais la vie de couple je ne veux plus en entendre parler, le mot de couple est insupportable. Je sais ce dont j’ai envie, ce dont je n’ai plus envie. J’ai envie de partager des moments ensemble sans ambiguïté… J’ai pris le temps de m’intéresser à la façon dont les hommes ressentent les choses. Beaucoup de femmes ne se rendent pas compte à quel point l’homme peut être stressé par le sexe. J’aime les hommes qui disent ce qu’ils ressentent, qui ne cachent pas leurs émotions. Je veux voir un homme qui vit totalement. J’ai été dans la non-vie, je veux vivre totalement. Cette liberté n’a pas de prix. Le jour où quelqu’un rentrera dans ma vie, c’est chacun chez soi.

Il y a de plus en plus d’articles là-dessus en effet, et ça touche le monde entier, l’Afrique urbaine, New Delhi. Ce que je retiens dans cet entretien-fleuve, c’est votre progression avec ce mot de fin, que vous avez envie de vivre. C’est important. On a le droit de vivre. On a pas le droit de faire croire que les gens ne peuvent être heureux que s’ils ont une voiture, de l’argent ou une vie de couple normalisée, idéalisée. Vous rappelez le long chemin parcouru pour retrouver votre intégrité physique, émotionnelle et mentale. Vous vous autorisez à vivre. Alors certes vous n’avez pas fait cette démarche toute seule, des personnes comme Adeline Petit vous ont accompagné. Vos mots vont aider beaucoup de lecteurs, de lectrices.

Merci de la part de Mouvelife pour ces confidences.

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#Coronavirus – Les temps changent…mais Maguy est éternelle !

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En ce début de week-end, nous proposons un retour en arrière. Une autre époque, un autre monde. Nous avons choisi un épisode touchant de la célèbre série ‘Maguy’. Cette série culte française (adaptation de la série ‘Maud’, USA) a duré de 1985 à 1993, 333 épisodes de 26 minutes. 

On observe une tendance chez trop de gens à faire croire que ‘avant’ n’existe plus à cause du coronavirus. Rien n’est plus faux. Avant existe toujours, ce passé ne saurait être oublié, ne peut être oublié, il est important pour notre construction mentale et influe sur notre capacité à agir dans le présent qui déjà n’existe plus, donc sur le futur. Le grand confinement appartiendra au passé mais cet événement ne saurait effacer les autres passés. ‘Maguy’ c’était une certaine France, celle des HLM qui se multiplient et qui apprécie de voire un couple dans une belle maison.

Une France qui n’a pas de fascination particulière pour les années fric, qui a ses peurs : sida, guerre du Golfe à l’horizon, montée du chômage. Une France qui doit trouver sa place dans un monde qui change de manière accélérée avec la chute du Mur de Berlin qui acte la fin de la Guerre Froide. Il s’en passe des choses dans ce monde d’alors. Et ‘Maguy’ pour des millions de français (jusqu’à 7 millions de téléspectateurs certains soirs) constitue une sorte de repère réconfortant. 

La chanteuse Cécile Goguely s’en souvient : ‘Dimanche soir  après être revenue de chez mes grands parents paternels, à Lyon, j’arrivais chez mes parents. Je prenais mon bain et après le bain j’avais le droit de regarder Maguy. je n’avais pas le droit de regarder beaucoup de choses, c’était l’un des rares trucs que j’avais le droit de regarder. J’adorais le générique. J’avais entre 8 et 10 ans. C’était un programme familial. Je devais rigoler, je m’ennuyais un peu chez mes grands-parents, j’étais fille unique, le dimanche en journée je le passais avec eux, je m’ennuyais. Le soir cette épisode captivait mon attention. Je me souviens du maire du Vésinet.

Quand je suis arrivée plus tard à Paris, j’ai donné des cours de français à des enfants privilégiés, je suis allée au Vésinet et j’ai repensé à Maguy, au personnage de M.Cruchon le maire du Vézinet où elle habite. Maguy était une série qui avait quelque chose de très familier. C’était un moment de regroupement familial.’Les temps passent, les modes aussi.

Le succès, la notoriété sont relatifs. Mais l’impact  des œuvres culturelles dans le quotidien des gens est réel, essentiel et on aurait tort de l’oublier, de balayer cela. Beaucoup de choses changeront certes avec la crise que nous traversons. Mais ne faisons pas la promotion hâtive  de cette expression ‘il y aura un avant et un après’ car on s’aperçoit qu’elle est parfois mal employée par ceux qui l’utilisent. Alors profitons des quelques épisodes qui circulent sur internet, dont celui-ci qui se moque (gentiment et c’est heureux) des extraterrestres et du monde scientifique (le docteur en prend pour son grade aussi), du plaisir de revoir l’incroyable Rosy Varte.

La rédaction

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#déconfinement – Quand aller au restaurant signifie renouer avec la vie

Un sujet qui revenait souvent sur les lèvres pendant le confinement c’était la réouverture des restaurants. Après tout la France est un pays latin où on aime parler, boire et manger – et faire l’amour aussi. La fermeture des bars et des restaurants a créé un réel désarroi. Et le fait de faire de la cuisine maison ‘comme au restaurant’, ça va une fois, deux fois éventuellement, mais pas trois. Car, osons le dire, le plat le plus réussi chez soi n’aura jamais la valeur d’un plat banal dans un restaurant : il y a d’autres facteurs en jeu qui dépassent le plat en lui-même. La blogueuse française Chiraz Zapf, expatriée à Cologne en Allemagne nous raconte ses coups de cœur culinaires à travers l’Europe et son rapport au restaurant. Croyez-nous, ses propos font un bien fou à la rédaction de Mouvelife, nous espérons qu’il en sera de même pour vous !

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‘Première photo prise à Vila Joya, restaurant 2 étoiles Michelin, installé sur un rocher avec une vue splendide sur l‘océan (Algarve, Portugal). Une gastronomie extraordinaire basée sur la générosité, la créativité, des ingrédients locaux et régionaux haut de gamme. Rarement expérimenté une table avec autant d‘amuse-bouches, des petites bouchées aux saveurs de la mer et de la terre, concoctés avec délicatesse et méticulosité

Nous aimons toujours nous y rendre pour le déjeuner pour profiter de la lumière et de la vue, imprenable sur l‘Atlantique. C’est mon restaurant préféré au monde, depuis au moins vingt ans, même avant les premières étoiles tombées de ce ciel fabuleux.

C’est un moment exquis de douceur, de calme, de partage avec les amis, la famille, dans un cadre magique, un panorama simplement incroyable, difficile de ne pas tomber amoureux de la Vila Joya et de son équipe toujours aux petits soins.’En savoir plus : http://www.vilajoya.com/

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‘Ici un méli-mélo de légumes de saison, on est allé dans un bistrot, Anicia, rue du Cherche-Midi, c’était une découverte un peu extraordinaire, on n’avait pas du tout prévu d’aller là-bas, on avait entendu un peu parler de ce restaurant situé dans le quartier  très hype de Sèvres-Babylone entre deux courses, on voulait s’asseoir, manger un truc sympa, on est arrivé dans un endroit assez bio, vert, qui représente le Puy de Dôme en France. On avait commandé cette assiette parmi d’autres, et franchement les couleurs, les différentes cuissons, certains légumes croquants, certains légumes moelleux, tout ça c’était une farandole de saisons et de couleurs et de goûts, ça nous avait bluffés. C’est un peu hors des sentiers battus, c’est pas dans les adresses du guide Michelin mais on avait passé un vrai beau moment. Rencontre avec le chef, François Gagnaire, qui nous avait parlé de son itinéraire chez les grands chefs et de son amour pour la nature et les produits authentiques. Sur cette photo les couleurs sont justes parfaites, entre le chemin de la nature et le chemin de la Vie.’En savoir plus : https://www.anicia-bistrot.com/

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‘On garde le meilleur pour la fin avec cette photo prise à maiBeck FÜR DICH, à Cologne, couronné d‘une étoile gastronomique, depuis quelques années. C’est mon restaurant préféré à Cologne. On y retrouve tout ce qui rend une expérience culinaire, à mon avis, parfaite; des saveurs goûteuses en harmonie complète avec la Nature. Une équipe conviviale et aux petits soins. Une liste des vins toujours bien pensée et qui fait plaisir. Une ambiance animée- Une clientèle diversifiée et toujours une soirée remplie de souvenirs mémorables. Un seul hic! Toujours un défi d‘obtenir une table le samedi soir!

Ici on voit du maquereau mariné avec des légumes de saison, c’est hyper frais, goûteux, c’est addictif, moi j’aurais mangé que ça, à vrai dire! C‘est un établissement, tenu par Tobias Becker et Jan Maier, de jeunes chefs très talentueux, avec une carte de visite assez prestigieuse, utilisant des produits locaux et régionaux, en cuisinant des plats sans chichi. Ils s‘attèlent à ne travailler qu’avec des producteurs qu’ils connaissent personnellement. Tous les produits, que ce soit légumes, fruits, fruits de mer, poisson, viande, ce ne sont que des fermiers, des agriculteurs avec qui ils ont déja un contact actif et dynamique, en Allemagne. C’est une gastronomie très ‘je-me-prends-en-main/ je-me-prends-en-charge’, en d‘autres termes, une cuisine moderne très‚ ecofriendly.

C’est un bonheur absolu d’aller chez eux. Merci Jan, Merci Tobias. Sans vous, je ne serais certainement pas restée une minute de plus à Cologne. La photo a été prise en mai 2019.’En savoir plus : https://www.maibeck.de/

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‘J’aime aller au restaurant. Pour moi, dîner, déjeuner dans un endroit gastronomique avec de belles assiettes et un service attentionné, dans une ambiance que ce soit animée, romantique ou un joli décor, cela me fait toujours voyager. Que ce soit dans une gastronomie étrangère, que ce soit la créativité d’un chef, d’un cuistot, j’ai toujours l’impression de découvrir des nouvelles contrées, tous les sens sont en éveil, ce que je vois, ce que je mange, ce que j’entends, tout ce que je vis, cet éveil des sens me permet de me sentir en vie. 

Pour moi aller au restaurant, c’est avoir cette impression d‘être vivant. Pendant le Corona, c’était difficile parce que cette crise nous a rendu anxieux et nous a retiré une partie de notre vie. Pour moi aller au resto, c’est y aller en famille avec des copains, des amis, ça m’arrive d’y aller toute seule mais ce n’est pas la même joie, c’est différent quand on regarde le plat des uns, des autres, quand on choisit une bouteille ensemble, quand on rit ensemble.

Parfois c’est aussi un moment de paresse. Je suis contente d’aller dans un restaurant pour découvrir une cuisine qui m’a permis de sortir et de faire autre chose que cuisiner parce que je n’avais pas le temps.

La cuisine au delà d’être la Vie, ce sont aussi des techniques, une inspiration pour moi. Quand je rentre chez moi, j’ai l’impression d’avoir appris quelque chose de nouveau, une technique, un nouvel ingrédient, une nouvelle combinaison de saveurs, d’épices ou d’herbes, je rentre chez moi avec de nouvelles idées et sans ça, je sens qu’il me manque quelque chose. Pendant les longues périodes où je ne vais pas au restaurant, je suis plus dans ma cuisine inspirée par mes souvenirs et ce que je vois sur instagram  ou facebook mais une partie de moi a moins le sens vivant de la création, je me sens moins dynamique. Quand je vais au resto et que je cuisine en parallèle, je me sens toujours dynamique et enthousiaste.’

Nos remerciements les plus sincères à Chiraz qui parle avec émotion et profondeur du lien qui unit des millions de gens aux restaurants. Tout à l’heure, nous passions devant des terrasses vers Châtelet. C’était plein, c’était bruyant, c’était vivant, bref c’était beau. Espérons que nos sociétés n’aient plus à revivre avant des années, des siècles ce que l’on appelle ‘confinement’. 

La rédaction

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Le soi, le seul, le tous : crise sanitaire et prise de conscience salutaire ? par l’écrivaine Agnès Renaut

Nous pourrions écrire tant de choses sur l’écrivaine Agnès Renaut, son écriture de qualité, son regard particulier sur le monde…mais nos mots seraient de trop…que votre lecture soit belle…

Le soi, le seul, le tous : crise sanitaire et prise de conscience salutaire ?

Agnès Renaut, écrivaine

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Restez chez vous : l’injonction est formelle. Outre les « gestes barrières » qui soudainement imposent un écart entre soi et les autres, non seulement avec ceux de l’extérieur mais jusqu’au cercle privé, au cœur de l’intime, il faut garder ses distances. Retrouver ou trouver les frontières entre le soi et les autres, si proches puissent-ils être. Tout en mobilisant la solidarité…

L’actualité sanitaire mondiale nous jette brutalement dans un paradoxe : contre un ennemi commun, pour sauver le « tous », il faut être « seul ». Le sens habituel du collectif et de l’individualité s’effondre, la production économique est en péril, l’être consommateur s’affole, l’image familiale se fissure…

Qui est « l’ennemi » ?

« Nous sommes en guerre »… L’ennemi, c’est le coronavirus dit Covid-19, dont on peine à cerner l’origine, à prévoir l’évolution et l’issue. Et ses conséquences…

Face à cette créature microscopique qui défie les grandes pandémies historiques par record de temps et de mise à mal de l’économie mondiale… comment réprimer un élan d’admiration ? Voilà un « ennemi » d’une vélocité toute contemporaine et c’est la Nature, que l’on ne cesse de célébrer et d’altérer… qui l’a fabriqué.

En fait, n’est-ce pas nous, l’ennemi ? Piètres humains, éblouis par notre maîtrise technologique, comme si la Nature entière devait se soumettre à notre vouloir et nos besoins, nous croyons à une sorte d’éternité, comme si l’Univers n’attendait que nous et que nous serons là pour toujours… Mais l’espèce humaine n’a pas toujours existé et rien ne dit qu’elle existera toujours. La sublime Nature a éliminé des espèces bien plus coriaces que nous. Peut-être sommes-nous des dinosaures en voie de disparition et, s’il y a complot, ce pourrait être celui de la Nature, par sa puissance à générer et détruire des espèces… Et les nuisibles tels que les humains épuisent ses ressources et menacent son équilibre.

L’heure est venue de faire leçon d’humilité : non, la planète n’est pas un monde virtuel avec lequel on peut jouer avec une télécommande mais une force au-delà de nos limites, capable de nous exterminer, d’envoyer un grand coup de balai via un virus par exemple. La crise sanitaire pourrait induire une crise de conscience salutaire en pointant notre prétention au contrôle et au tout savoir.

Plutôt que se flageller pour insuffisance éco-climatique, tentons de nous décaler, juste un pas de côté, pour admirer la beauté de la Nature, qui n’est pas qu’esthétique : elle réside aussi dans sa puissance créatrice, et celle-ci peut tout autant nous pulvériser. Nous avons besoin de la planète pour exister mais la planète n’a pas besoin de nous pour exister. La Nature saura toujours trouver d’autres formes de vie… Evitons d’être plus longtemps son « ennemi ». 

Etre seul avec les autres, être soi dans le monde

Mais l’ennemi prend aujourd’hui une acception inédite et ambivalente : si le terme a toujours revêtu une altérité hostile à combattre, voici qu’il désigne, par cercles concentriques resserrés, n’importe qui s’approchant de soi, proche ou pas – passant, voisin, famille – devenant proche potentiellement dangereux. A l’épicentre de ces ronds dans l’eau du péril, on se retrouve seul. Terrible condamnation !

Elle est loin derrière nous, l’ère où les ermites, ascètes, mystiques solitaires, non seulement respectés mais aussi admirés, dont on reconnaissait la place nécessaire dans la société. Elle est loin de nous malgré son influence, la culture orientale qui considère comme possible et normal le retrait en monastère pour tout un chacun, homme ou femme qui, après avoir rempli sa mission sociale (mariage, travail, enfants) se retire pour successivement trois jours, trois mois, trois ans, ou plus.

Autrefois et ailleurs, le retrait du monde s’accorde à la spiritualité. Non pas restrictivement au « religieux » mais à cette dimension, considérée par toutes les civilisations, comme aussi essentielle que la nourriture du corps : l’éveil de l’esprit. La présence indispensable d’un espace-temps dédié à la part invisible de l’humanité, au-delà de la nécessité et réduisant de ce fait le travail et la subsistance à sa vocation première : la part utile, pour vivre.

Dans tous les cas d’intégration du retrait dans la société même, cette présence du spirituel s’accompagne d’une prise en charge : moines mendiants nourris à l’aube par la population en Asie, moines occidentaux bénéficiant de la générosité de donateurs en complément de leur autarcie avant d’être contraints d’assurer eux-mêmes leur survie économique…

C’est que la société de consommation, dans son fonctionnement de masse, affinant la manipulation des besoins, supporte mal le spirituel sauf s’il favorise une production commerciale… mais accepte très bien de rejeter sur le bord, dans le caniveau, ceux qui ne peuvent pas suivre son impérialisme économique. Aussi la mise à l’écart, l’isolement (démunis, personnes âgées, entre autres populations fragiles) ne sont-ils que des avatars, des effets secondaires désolants qui confortent le système.

Mais le solitaire, le méditant, le penseur, le poète, l’artiste qui synthétise ces profils, où sont-ils ? Une entité microscopique conduit à reconsidérer la mécanique de nos vies : s’écarter les uns des autres pour retrouver peut-être le respect de l’autre, éprouver la valeur galvaudée et si peu appliquée de solidarité, découvrir l’intérêt de se poser, de ne plus tant travailler ni courir autant dans l’inutile…

Passée la frénésie acheteuse qui a révélé dans la crise la peur profonde du manque, peut-être un plus grand nombre d’humains oseront se poser sans chercher à systématiquement consommer et se distraire, peut-être de nouvelles habitudes d’entraide viendront s’insérer dans les verrous de nos craintes, peut-être viendrons-nous changer l’angle du regard… Pour enfin, modifier notre rapport au monde.

Le monde, nous et soi : une triangularité à réinventer. Dans une temporalité nouvelle imposée : au jour le jour. Pour vivre le temps présent, le seul qui existe.

***

Ecrivaine, peintre dessinatrice, formatrice, animatrice d’ateliers d’écriture

DEA Lettres modernes Paris 7 : « Histoire et sémiologie du texte et de l’image ».

Bourse du CNL, Centre national du livre (2000).

Roman : Qu’as-tu fait de ta sœur ? Grasset (2000), Que has hecho de tu hermana ? Akal Ediciones (2001).

Nouvelles : « Entre terre et Cher, une saison d’entre-deux », Prix Concours littéraire francophone de la nouvelle George Sand 2016, Fragments, L’Harmattan (2017). « Les Yeux bandés », 2e Prix auteurs publiés CINAL, L’Autre beauté du monde, Ed. de la Loupe (2009). « La Sueur salée comme la mer », revue Encres vagabondes (1999).

Théâtre : « Sarabande » et autres textes, Le Bocal agité, éd. Gare au théâtre (1998).

Chansons : Moi qui rêve, musique J. Halexander, Ed. Lalouline (2013)… Lectures musicales (Magique, Angora).

Bien écrire au travail, collection Livres-Outils, Eyrolles (2011).

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Une espérance nommée Didier Raoult dans la noirceur actuelle.

Le point vue de l’équipe Mouvelife

Il est des noms, comme ça, qui surgissent et atteignent une renommée mondiale. Ainsi Didier Raoult. Tout a déjà été dit sur lui, nous n’allons pas répéter. Mais nous tenions à relayer cette vidéo. Pour plusieurs raisons : elle montre un homme qui est loin d’être illuminé et qui exige le respect, nous sommes à des années lumières du charlatan tel que décrit par certains de ses confrères. Ensuite, il montre qu’il n’est pas tout seul  : il y a des hommes, des femmes, de différentes générations dans son équipe.

Ce sont des humains qui ne comptent pas leurs heures au service des citoyens. C’est beau, osons employer le terme et c’est ce dont nous avons besoin. Enfin, à aucun moment Didier Raoult ne parle de traitement miracle, il dit que c’est le meilleur traitement possible s’il est pris en amont et il ne faut pas le prendre hors protocole, c’est-à-dire en automédication. Certes, on a des cas de personnes qui utilisent des vieilles boîtes de chloroquine et décèdent. Triste mais cela ne saurait être un argument pour disqualifier le recours à la chloroquine par de nombreux médecins qui ne sont certainement pas des plaisantins. Malgré les critiques obscènes, les gesticulations de Daniel Cohn-Bendit ou de Michel Cymes (qui choisit la discrétion tout d’un coup en rejoignant la réserve sanitaire), l’équipe de Didier Raoult continue son travail, énorme, maintient le lien quotidien avec le gouvernement et ne tend pas à l’oreille à ceux qui brandissent le mot ‘groupe protocole’ comme un mantra pour invalider son travail.

Grâce à lui, des millions de citoyens se connectent sur Wikipédia, sur les sites de santé pour comprendre les effets de tel ou tel traitement, apprendre, comprendre les mécanismes des virus, il conduit les citoyens à faire en sorte que leur santé, notre santé ne soit pas le pré-carré d’un cénacle de scientifiques qu’il faudrait écouter sans réagir, comme si leur parole était forcément sacrée. Ce n’est pas parce que nous devons apprendre à vivre avec le confinement que celui-ci n’aurait pas pu être évité. Les causes sont nombreuses : coupes budgétaires pendant trente ans dans les  systèmes de santé d’Europe de l’Ouest, du Canada, des U.S.A.   Le virus est contagieux, mais nous restons chez nous pour éviter que les hôpitaux soient débordés. Nous sommes pourtant dans des nations riches, très riches. Et ils sont nombreux à se demander pourquoi nous appliquons le modèle de confinement d’un pays comme la Chine, grande civilisation certes mais dont le régime politique est assez totalitaire et opaque, pourquoi n’avons-nous pas su/pu prendre exemple sur la Corée du Sud, Singapour, Taiwan, voire la Suède.

Nous n’en sommes pas à l’heure des comptes, le confinement prendra fin tôt ou tard. Mais dans cette épreuve ce sont des personnalités de la trempe de D. Raoult qui permettent aussi de tenir le coup, de garder l’espérance : c’est déjà énorme. Et objectivement, on peut d’ores et déjà conclure que ce n’est ni Michel Cymes, ni le docteur Philippe Klein, ni la professeur Karine Lacombe que l’Histoire retiendra dans la lutte contre le coronavirus. Ce sera l’équipe de Didier Raoult.

 https://www.mediterranee-infection.com/

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Virus et réchauffement climatique versus réchauffement des esprits et crise sanitaire. Par Adeline Petit

Nous sommes le 31 mars 2020 est comme beaucoup de personnes, je suis rentrée dans ma troisième semaine de confinement à la maison à cause d’un virus, le COVID-19. Le roi des virus porte son nom comme un gant, il a mis tout le monde sur la même marche du podium et il touche tout le monde.

Maintenant, prenons notre envol au-delà de toutes les conséquences économiques, familiales, environnementales et sociétales comme Agnès Renaut l’a expliqué dans l’avant-dernier article de Mouvelife «  Le soi, le seul, le tous : crise sanitaire et prise de conscience salutaire ? ».

Franchement, il est quand même édifiant que le réchauffement climatique rime avec la crise des esprits. En effet, depuis quelques mois nous observons une accélération de l’échauffement des esprits avec les différents mouvement de groupe qui revendiquent leurs droits à plus de ressources matérielles, humaines, de reconnaissance et de dignité. Et cela dans des services essentiels au maintien de l’évolution de notre société c’est-à-dire dans l’éducation, la santé et l’agroalimentaire. Tous ces secteurs ont été dépouillés de toute dignité et de moyens à cause de revendications économiques au profit d’autres structures qui sont « non essentielles » évidement à des degrés divers. D’où un « réveil », une explosion de la colère car nous avons atteint les besoins primaires.

Oui ! Une grande partie de la population a pris conscience de cet enjeu environnemental et climatique à son « échelle ». Mais la question se pose, que faut-il faire ?

En effet, l’heure n’est plus à discuter et à penser.

Il est temps d’essayer et de mettre en place de nouvelles choses et si cela ne correspond pas aux résultats attendus, il suffira de modifier les paramètres d’ajustement.

De mon point vue (plus de 10 ans en management qualité, sécurité et environnement) : c’est le dogme de la performance et la perfection qui a échauffé tous les esprits et le climat par conséquent avec le non-respect de notre environnement. Cela a pour conséquence de mettre un voile sur nos erreurs qui sont devenues une honte et par orgueil nous ne les regardons pas alors que le droit à l’erreur est primordial. Il est même ESSENTIEL, « Les échecs » sont nos plus grand maîtres et non nos ennemis.

C’est l’arrogance de notre humanité, cette honte de s’être trompé qui bloque notre processus d’évolution : l’histoire est racontée par les vainqueurs donc il y a une perte énorme de données et d’informations. C’est peut-être pour cela que nous avons l’impression même parfois dans nos vies de répéter les même erreurs… puisque nous les nions.

Alors il est peut-être temps de revenir à l’essentiel c’est-à-dire l’EDUCATION, la SANTE et l’EXPLORATION DE LA VIE dans le respect de soi et de l’autre. Car il est évident que le réchauffement climatique est là, il a commencé. A nous de faire preuve de sagesse et de s’adapter au nouvel environnement qui se présente, en regardant nos erreurs sans les juger mais en les accueillant comme des faits. La crise sanitaire que nous vivons est peut-être un début : en 2016, la fonte des glaces a déjà libéré un vieux virus de plus 75 ans, l’Anthrax.

« Pendant l’été 2016, un enfant est mort en Sibérie de la maladie du charbon (anthrax), pourtant disparue depuis 75 ans dans cette région. », extrait de l’article de Futura planète.

Si nous observons cela dans sa globalité, il y a quand même une sacrée coïncidence entre l’échauffement de nos esprits et le réchauffent climatique.

Evidemment, nous avons bafoué les lois de la nature. Pendant que celle-ci met quatre cycles pour produire les besoins essentiels à tout être vivant, nous fabriquons des outils pour détruire nos semblables quatre fois plus rapidement ; pour aller toujours plus vite ; pour être plus fort ; PLUS et toujours PLUS. Certes, la vie est création et croissance mais nous avons oublié qu’elle a un rythme. Il est clair et évident que ce n’est pas celui que nous utilisons en ce moment.

Le réchauffement climatique va engendrer certainement la libération d’autres virus, faut-il en avoir peur ? Si nous ne changeons pas notre état d’esprit et par conséquent notre manière de vivre alors oui, la peur est nécessaire à accueillir comme une énergie de renouvellement. Là vas être l’enjeu de notre humanité, transformer nos peurs en énergie d’évolution et cela commence toujours par soi.

Connais-toi toi-même disait Socrate.

Adeline PETIT, auteure et conférencière en développement personnel.

Livre : « Un sens à soi, comment être en équilibre dans un monde en déséquilibre »

Site internet : www.unsensasoi.com

Un Sens à Soi, guide universel de développement personnel.