Interview

#Résilience – Entretien avec Sonia Derory : comédienne, frisée, catholique et naine

(c) Sandra Sinagra

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La comédienne et réalisatrice Sonia Derory a accepté de parler résilience avec nous. Atteinte de nanisme, il serait fou de la réduire à cette caractéristique. Chaque personne est complexe. Femme de défis, ceux qui ont une bonne mémoire l’auront vue en gardienne de foot  dans un sketch de Groland, d’autres se souviennent d’elle dans le rôle d’une sorcière dans ‘Macbeth’ au Théâtre Montmartre Galabru. Elle a mis en scène toute une galerie de personnages dans les sketchs de la ‘Tribu s’emmêle’ pendant le confinement.

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Les artistes qui ont travaillé avec elle sont unanimes, elle est une battante. Pour Cécile Goguely, la voix-off des sketchs de la ‘Tribu s’emmêle’ ‘Sonia est une battante, une femme qui avance, avec qui on ne s’ennuie pas. Avec elle c’est la garantie de ne pas s’ennuyer, ce qui est important, surtout avec la période qu’on vient de traverser, ce sont des gens comme elle qui te tirent la tête hors de l’eau par leur énergie’. ‘Récemment, elle organisait un pot avec les comédiens de la Tribu dans le quinzième arrondissement. Je l’observais, elle était impériale ‘malgré’ sa taille, elle a une véritable aura’ nous a confié le chanteur Jann Halexander. La comédienne apparaît également dans le dernier clip de Samarya en extraterrestre. Pour la chanteuse ‘C’est une personne que je respecte énormément, une très belle femme. Sa gentillesse, sa force féminine, son courage forcent l’admiration.’ Pour Claudio Zaretti, compositeur de l’hymne de la ‘Tribu s’emmêle’, elle est combattante et espiègle. 

Merci Sonia Derory d’accepter cet entretien avec Mouvelife. vous êtes comédienne, réalisatrice, vous faites partie dans le milieu culturel des révélations durant la période de confinement. Une simple question, si vous dit ‘résilience’, qu’est-ce que cela évoque pour vous ?

Faire au mieux avec ce qu’on est.

Pas avec ce qu’on a ?

Ce qu’on a, ça peut disparaître. Ce qu’on est, c’est pour l’éternité.

Plus jeune, vous ne deviez pas avoir beaucoup de références dans les médias, le monde du cinéma, du théâtre. Qu’est-ce qui vous a donné cette impulsion ‘mais moi aussi je peux être sur une scène, moi aussi je peux être dans film’ malgré cette société très formatée où il est difficile de se faire une place ?

Dans le milieu du cinéma, de la télévision Mimie Mathy est passée avant moi. Elle a été la référence. Je ne connais pas la vie avant elle. On m’appelait Mimie Mathy parfois, ce qui était agréable pour vanter mes qualités de comédienne, même gamine car j’ai commencé le théâtre gamine, mais c’était parfois un peu lourd à porter, on me voyait à à travers cette référence alors que je ne suis pas Mimie Mathy, je suis Sonia Derory, je suis moi. Je me suis pourquoi pas moi. elle y est arrivée, pourquoi pas moi. Surtout avec un profil comme le mien. Une personne de petite taille, aux cheveux frisés. J’ai commencé le théâtre en primaire. Et puis au collège, c’était la révélation,  je faisais du cirque, du théâtre et là on m’appelait Mimie Mathy, le directeur de la colo m’appelait Mimie Mathy, c’était flatteur. Mais j’étais pris entre deux eaux, la nécessité d’avoir un métier pour assurer le quotidien et ce rêve de devenir comédienne.

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J’ai choisi une voie au lycée pour me permettre d’assurer le quotidien, chargée de communication, qui est mon métier et que j’aime. Mais j’avais toujours ce rêve d’être comédienne, c’était une façon de m’extraire de la réalité en inventant plusieurs personnages, puis je prends plaisir à jouer. Jouer de cette expressivité que j’avais depuis gamine, de cet aspect créatif en moi. Quand j’étais gamine, je bricolais beaucoup. combien de fois j’ai fait sauter les plombs chez mes parents. Quand on ne branche pas le bon ampère, enfin bref on ne va pas s’attarder là-dessus mais j’étais comme une cocotte-minute, avec le feu qui frémissait. La période de confinement a été le moment pour faire jaillir cette créativité. Et ça a donné ‘La tribu s’emmêle’.

Peut-on parler d’une triple résilience, c’est-à-dire : de couleur, naine, comédienne ? Comment on intègre ces expériences dans la société française ?

J’ajouterai femme, naine, adoptée, de milieu populaire. En fait, on se dit ‘si ça m’est tombé sur la gueule’, ce n’est pas par hasard, c’est qu’il faut que je fasse quelque chose ? 

Donc vous croyez à une forme de réincarnation, vous faites partie du courant anthroposophe ?

(éclats de rire) La réincarnation, on m’en a parlé, ça m’a souvent fait sourire.  Je ne me suis jamais imaginé ça mais si tu es là avec tout ça, tu dois en faire quelque chose.

Mais qui aurait décidé ça ?

Ah je ne sais pas.

Vous êtes agnostique, athée ?

Non j’ai reçu une éducation catholique, je crois en Dieu mais je ne me reconnais pas forcément dans la pratique catholique. Je suis déiste. Je me suis dit si tu arrives à survivre à tout ça, à arriver à l’âge adulte pas trop mal en point, c’est que tu as quelque chose à faire de ça, pas que pour toi, mais pour d’autres. J’en ai pris conscience très tôt quand j’ai vu les gens projeter sur moi leurs peurs et leurs espoirs. Leurs peurs de ce qu’ils auraient pu être, eux ou leurs enfants, car le nanisme est une maladie génétique, parfois héréditaire, parfois pas. Et leurs espoirs quand ils me voient en disant ‘ah, elle peut s’en sortir avec tout ce qu’elle est, donc finalement moi et mes problèmes c’est secondaire’. J’aime pas du tout quand on compare alors toi t’as une jambe et toi t’es aveugle, qu’est-ce qui est plus grave : on vit chacun dans sa condition, avec ses problématiques au quotidien et on gère au mieux. Je n’aime pas quand on dit à quelqu’un si tu étais né pendant la guerre, dieu sait ce que tu aurais vécu ! Non, on fait avec l’instant présent, on essaye de vivre au mieux. 

Ce qui m’a donné espoir, c’est quand dans les associations d’adoptés, des personnes venaient me voir et me disaient : Ce que tu as dit a été éclairant. En fait je n’avais pas dit grand-chose, j’avais juste fait part de mon expérience et de ce que j’en avais tiré. Si je suis utile par rapport à ça, si le fait que je sois cumularde en diversité sert à d’autres et bien c’est que mon destin était d’être qui je suis.

Oui mais des fois est-ce que vous n’avez pas envie simplement d’être superficielle, de pas vous poser toutes ces questions et de pas faire œuvre de sagesse en transmettant votre expérience à des gens….

Ah mais je le suis parfois !

Ouf ! Vous regardez la télé-réalité ?

Non mais j’achète des choses inutiles sur internet.

Sur Ali Baba ?

Non sur Amazon. Amazon sait ce que je vais acheter, avant même que je le pense.

Et ça ce n’est pas Dieu ?

Presque. Il y a Dieu et Amazon à côté. (silence) En fait quand j’étais gamine, dans les moments difficiles, je me disais ‘ça ira mieux demain, ça ne pourra pas être pire demain’. Et pour devenir comédienne, je me suis posée deux questions, j’avais 28 ans. J’avais recherché mes origines, j’avais rencontré mes deux parents biologiques, on n’avait pas gardé contact pour des raisons qui leur importent et je me suis dit : ‘Si tu devais mourir demain, qu’est-ce que tu regretterais de ne pas avoir essayé de faire?’ et ‘Demain, si tu es à la retraite, qu’est-ce que tu aurais envie de faire’ et une troisième question aussi ‘Si tous les champs du possible étaient ouverts, qu’est-ce que tu ferais?’ La réponse à tout ça a été comédienne. Très jeune, j’ai pensé à la retraite, ayant des parents un peu plus âgés que la moyenne. Ce qu’on fait aujourd’hui détermine finalement ce qu’on va faire à la retraite. J’entendais tellement de personnes autour de moi dire ‘je profiterai de la vie quand je serai à la retraite’ : ça me déprimait. On profitera donc de la vie quand on sera malade, statistiquement j’ai lu quelque part que les problèmes de santé commencent à 62 ans, en étant handicapée, moi je peux avoir la retraite un peu plus tôt, mais si je peux l’avoir un peu plus tôt, c’est que statistiquement je vais peut-être crever un peu plus tôt que la moyenne. Je vis, je vais travailler pour espérer profiter de la vie dix, quinze ans à la retraite. Flippant. J’avais 29 ans, à Clermont-Ferrand, j’avais mis un peu de sous de côté, je n’avais pas de conjoint, j’avais un appart que je pouvais lâcher. Je suis montée à 30 ans à Paris. La ville de tous les possibles. Ville cosmopolite. D’être invisible et à la fois visible pour ce que je voulais et pas ce qu’on projetait sur moi. 

A Paris c’est possible ? 

Oui. J’aime Paris. Pour sa diversité culturelle, sociale. Il faut avoir pris la rue de Rivoli avec moi pour comprendre ce que signifie le regard des gens. Ce n’est pas la campagne. C’est très différent. A Paris je suis tranquille. C’est compliqué de s’assumer soi, encore plus compliqué de s’assumer à travers le regard de l’autre. Ça m’est arrivé d’être dans des situations de danger immédiat, une fois je m’étais coincé le pied dans le métro, quelqu’un qui m’a attrapé, dans ces situations, il y a toujours quelqu’un qui m’a aidé. Les premiers temps où j’étais à Paris, j’étais souvent avec ma carte, le nombre de fois où on m’a proposé de l’aide…

 Pour anecdote, un jour je vais dans un parc parisien, c’était avant que j’habite à Paris, je vois une ribambelle d’enfants arriver, une classe, et là je me dis ‘ça y est c’est pour moi, allons-y’ parce que vous savez comment sont les enfants avec leurs remarques spontanées, ce n’est pas forcément méchant mais imaginez ça trois fois par jour et c’est un peu fatiguant. Et là, la rangée de la classe passe, pas un mot, juste le regardqui décroche, et là je me suis dit ‘rien que pour ça je veux vivre à Paris’. Alors oui on va me dire ‘tu t’en fous du regard des autres’, je dis ‘viens te balader avec moi rue de Rivoli et on en reparle’ (éclats de rire) J’aime cette ville. Je souffle de ce côté-là.

Est-ce que ce ne serait pas la même chose dans des grandes villes comme Lyon, Lille, Marseille ?

 Je ne sais pas, je n’y ai jamais vécu. Oui si Lyon, j’y suis allée, c’est un peu pareil.

Et à l’étranger, vous avez eu l’occasion d’y aller ?

Non, pas du tout, j’ai très peu voyagé. Je viens de la campagne.  Je suis passée d’une petite ville vers Saint-Etienne puis Clermont-Ferrand puis Paris. Je suis contente parce que dans la petite ville où j’ai vécu, des migrants de tous les horizons viennent d’arriver, ça va apporter de l’ouverture à l’autre. Le manque de diversité suscite la peur, pas forcément du rejet, juste de la peur.

Vous pensez que les migrants seront plus ouverts d’esprit  ?

C’est plutôt les locaux qui vont avoir une ouverture culturelle. Bon il y avait déjà des gens d’origine étrangère mais les migrants apportent une ouverture sur le monde et une vision différente sur la France. A Paris on peut rencontrer des personnes de tous horizons. Moi plus jeune j’étais la seule naine dans ma ville. Avec Mimie Mathy comme seule référence. Voilà, fallait vivre avec.

En parlant du regard de l’autre, qu’en est-il de l’amour et de l’amitié ?

Vaste question. C’est moi qui me créé mes propres freins avec l’idée de l’image que l’autre se fait de moi peut-être parfois par un conditionnement lié à l’éducation…des fois on me disait ‘On t’accepte bien parce que tu es naine’. Non j’étais juste moi. Après au sujet du rejet, quand on est bien dans sa peau, la question du handicap ne se pose plus. Être bien dans sa peau permet d’être bien avec les autres. Mon principal obstacle c’est moi-même. 

Vous avez vécu de belles amitiés, de belles histoires d’amour ?


De très belles amitiés, oui, pour les histoires d’amour, je les garde pour moi.

Vous avez rencontré vos parents biologiques ? 

Oui je les ai rencontrés. Il y a une dizaine d’années. Je sais qui ils sont exactement. Je sais d’où je viens, je sais à qui je ressemble. Mais les destins séparés à un moment donné finalement n’ont plus rien à partager dans l’avenir. C’est trop éloigné.

 Vous le regrettez ? 

Non. C’est la vie. Comme on dit dans ma culture d’origine, si on peut dire ça comme ça, ‘El mektoub’, c’était écrit.

 Aller dans la région d’origine de vos parents de naissance c’est un projet ? 

Oui, j’aimerais bien. C’est pas quelque chose qui m’est indispensable aujourd’hui mais pourquoi pas.

 Et bien merci à vous Sonia Derory pour cet échange passionnant, très fort, très émouvant, important. Votre philosophie de vie vous honore.

 Merci

***

Retrouvez ici aussi son interview au sujet de la ‘Tribu s’emmêle’  ici

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#Coronavirus – Les temps changent…mais Maguy est éternelle !

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En ce début de week-end, nous proposons un retour en arrière. Une autre époque, un autre monde. Nous avons choisi un épisode touchant de la célèbre série ‘Maguy’. Cette série culte française (adaptation de la série ‘Maud’, USA) a duré de 1985 à 1993, 333 épisodes de 26 minutes. 

On observe une tendance chez trop de gens à faire croire que ‘avant’ n’existe plus à cause du coronavirus. Rien n’est plus faux. Avant existe toujours, ce passé ne saurait être oublié, ne peut être oublié, il est important pour notre construction mentale et influe sur notre capacité à agir dans le présent qui déjà n’existe plus, donc sur le futur. Le grand confinement appartiendra au passé mais cet événement ne saurait effacer les autres passés. ‘Maguy’ c’était une certaine France, celle des HLM qui se multiplient et qui apprécie de voire un couple dans une belle maison.

Une France qui n’a pas de fascination particulière pour les années fric, qui a ses peurs : sida, guerre du Golfe à l’horizon, montée du chômage. Une France qui doit trouver sa place dans un monde qui change de manière accélérée avec la chute du Mur de Berlin qui acte la fin de la Guerre Froide. Il s’en passe des choses dans ce monde d’alors. Et ‘Maguy’ pour des millions de français (jusqu’à 7 millions de téléspectateurs certains soirs) constitue une sorte de repère réconfortant. 

La chanteuse Cécile Goguely s’en souvient : ‘Dimanche soir  après être revenue de chez mes grands parents paternels, à Lyon, j’arrivais chez mes parents. Je prenais mon bain et après le bain j’avais le droit de regarder Maguy. je n’avais pas le droit de regarder beaucoup de choses, c’était l’un des rares trucs que j’avais le droit de regarder. J’adorais le générique. J’avais entre 8 et 10 ans. C’était un programme familial. Je devais rigoler, je m’ennuyais un peu chez mes grands-parents, j’étais fille unique, le dimanche en journée je le passais avec eux, je m’ennuyais. Le soir cette épisode captivait mon attention. Je me souviens du maire du Vésinet.

Quand je suis arrivée plus tard à Paris, j’ai donné des cours de français à des enfants privilégiés, je suis allée au Vésinet et j’ai repensé à Maguy, au personnage de M.Cruchon le maire du Vézinet où elle habite. Maguy était une série qui avait quelque chose de très familier. C’était un moment de regroupement familial.’Les temps passent, les modes aussi.

Le succès, la notoriété sont relatifs. Mais l’impact  des œuvres culturelles dans le quotidien des gens est réel, essentiel et on aurait tort de l’oublier, de balayer cela. Beaucoup de choses changeront certes avec la crise que nous traversons. Mais ne faisons pas la promotion hâtive  de cette expression ‘il y aura un avant et un après’ car on s’aperçoit qu’elle est parfois mal employée par ceux qui l’utilisent. Alors profitons des quelques épisodes qui circulent sur internet, dont celui-ci qui se moque (gentiment et c’est heureux) des extraterrestres et du monde scientifique (le docteur en prend pour son grade aussi), du plaisir de revoir l’incroyable Rosy Varte.

La rédaction

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Le soi, le seul, le tous : crise sanitaire et prise de conscience salutaire ? par l’écrivaine Agnès Renaut

Nous pourrions écrire tant de choses sur l’écrivaine Agnès Renaut, son écriture de qualité, son regard particulier sur le monde…mais nos mots seraient de trop…que votre lecture soit belle…

Le soi, le seul, le tous : crise sanitaire et prise de conscience salutaire ?

Agnès Renaut, écrivaine

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Restez chez vous : l’injonction est formelle. Outre les « gestes barrières » qui soudainement imposent un écart entre soi et les autres, non seulement avec ceux de l’extérieur mais jusqu’au cercle privé, au cœur de l’intime, il faut garder ses distances. Retrouver ou trouver les frontières entre le soi et les autres, si proches puissent-ils être. Tout en mobilisant la solidarité…

L’actualité sanitaire mondiale nous jette brutalement dans un paradoxe : contre un ennemi commun, pour sauver le « tous », il faut être « seul ». Le sens habituel du collectif et de l’individualité s’effondre, la production économique est en péril, l’être consommateur s’affole, l’image familiale se fissure…

Qui est « l’ennemi » ?

« Nous sommes en guerre »… L’ennemi, c’est le coronavirus dit Covid-19, dont on peine à cerner l’origine, à prévoir l’évolution et l’issue. Et ses conséquences…

Face à cette créature microscopique qui défie les grandes pandémies historiques par record de temps et de mise à mal de l’économie mondiale… comment réprimer un élan d’admiration ? Voilà un « ennemi » d’une vélocité toute contemporaine et c’est la Nature, que l’on ne cesse de célébrer et d’altérer… qui l’a fabriqué.

En fait, n’est-ce pas nous, l’ennemi ? Piètres humains, éblouis par notre maîtrise technologique, comme si la Nature entière devait se soumettre à notre vouloir et nos besoins, nous croyons à une sorte d’éternité, comme si l’Univers n’attendait que nous et que nous serons là pour toujours… Mais l’espèce humaine n’a pas toujours existé et rien ne dit qu’elle existera toujours. La sublime Nature a éliminé des espèces bien plus coriaces que nous. Peut-être sommes-nous des dinosaures en voie de disparition et, s’il y a complot, ce pourrait être celui de la Nature, par sa puissance à générer et détruire des espèces… Et les nuisibles tels que les humains épuisent ses ressources et menacent son équilibre.

L’heure est venue de faire leçon d’humilité : non, la planète n’est pas un monde virtuel avec lequel on peut jouer avec une télécommande mais une force au-delà de nos limites, capable de nous exterminer, d’envoyer un grand coup de balai via un virus par exemple. La crise sanitaire pourrait induire une crise de conscience salutaire en pointant notre prétention au contrôle et au tout savoir.

Plutôt que se flageller pour insuffisance éco-climatique, tentons de nous décaler, juste un pas de côté, pour admirer la beauté de la Nature, qui n’est pas qu’esthétique : elle réside aussi dans sa puissance créatrice, et celle-ci peut tout autant nous pulvériser. Nous avons besoin de la planète pour exister mais la planète n’a pas besoin de nous pour exister. La Nature saura toujours trouver d’autres formes de vie… Evitons d’être plus longtemps son « ennemi ». 

Etre seul avec les autres, être soi dans le monde

Mais l’ennemi prend aujourd’hui une acception inédite et ambivalente : si le terme a toujours revêtu une altérité hostile à combattre, voici qu’il désigne, par cercles concentriques resserrés, n’importe qui s’approchant de soi, proche ou pas – passant, voisin, famille – devenant proche potentiellement dangereux. A l’épicentre de ces ronds dans l’eau du péril, on se retrouve seul. Terrible condamnation !

Elle est loin derrière nous, l’ère où les ermites, ascètes, mystiques solitaires, non seulement respectés mais aussi admirés, dont on reconnaissait la place nécessaire dans la société. Elle est loin de nous malgré son influence, la culture orientale qui considère comme possible et normal le retrait en monastère pour tout un chacun, homme ou femme qui, après avoir rempli sa mission sociale (mariage, travail, enfants) se retire pour successivement trois jours, trois mois, trois ans, ou plus.

Autrefois et ailleurs, le retrait du monde s’accorde à la spiritualité. Non pas restrictivement au « religieux » mais à cette dimension, considérée par toutes les civilisations, comme aussi essentielle que la nourriture du corps : l’éveil de l’esprit. La présence indispensable d’un espace-temps dédié à la part invisible de l’humanité, au-delà de la nécessité et réduisant de ce fait le travail et la subsistance à sa vocation première : la part utile, pour vivre.

Dans tous les cas d’intégration du retrait dans la société même, cette présence du spirituel s’accompagne d’une prise en charge : moines mendiants nourris à l’aube par la population en Asie, moines occidentaux bénéficiant de la générosité de donateurs en complément de leur autarcie avant d’être contraints d’assurer eux-mêmes leur survie économique…

C’est que la société de consommation, dans son fonctionnement de masse, affinant la manipulation des besoins, supporte mal le spirituel sauf s’il favorise une production commerciale… mais accepte très bien de rejeter sur le bord, dans le caniveau, ceux qui ne peuvent pas suivre son impérialisme économique. Aussi la mise à l’écart, l’isolement (démunis, personnes âgées, entre autres populations fragiles) ne sont-ils que des avatars, des effets secondaires désolants qui confortent le système.

Mais le solitaire, le méditant, le penseur, le poète, l’artiste qui synthétise ces profils, où sont-ils ? Une entité microscopique conduit à reconsidérer la mécanique de nos vies : s’écarter les uns des autres pour retrouver peut-être le respect de l’autre, éprouver la valeur galvaudée et si peu appliquée de solidarité, découvrir l’intérêt de se poser, de ne plus tant travailler ni courir autant dans l’inutile…

Passée la frénésie acheteuse qui a révélé dans la crise la peur profonde du manque, peut-être un plus grand nombre d’humains oseront se poser sans chercher à systématiquement consommer et se distraire, peut-être de nouvelles habitudes d’entraide viendront s’insérer dans les verrous de nos craintes, peut-être viendrons-nous changer l’angle du regard… Pour enfin, modifier notre rapport au monde.

Le monde, nous et soi : une triangularité à réinventer. Dans une temporalité nouvelle imposée : au jour le jour. Pour vivre le temps présent, le seul qui existe.

***

Ecrivaine, peintre dessinatrice, formatrice, animatrice d’ateliers d’écriture

DEA Lettres modernes Paris 7 : « Histoire et sémiologie du texte et de l’image ».

Bourse du CNL, Centre national du livre (2000).

Roman : Qu’as-tu fait de ta sœur ? Grasset (2000), Que has hecho de tu hermana ? Akal Ediciones (2001).

Nouvelles : « Entre terre et Cher, une saison d’entre-deux », Prix Concours littéraire francophone de la nouvelle George Sand 2016, Fragments, L’Harmattan (2017). « Les Yeux bandés », 2e Prix auteurs publiés CINAL, L’Autre beauté du monde, Ed. de la Loupe (2009). « La Sueur salée comme la mer », revue Encres vagabondes (1999).

Théâtre : « Sarabande » et autres textes, Le Bocal agité, éd. Gare au théâtre (1998).

Chansons : Moi qui rêve, musique J. Halexander, Ed. Lalouline (2013)… Lectures musicales (Magique, Angora).

Bien écrire au travail, collection Livres-Outils, Eyrolles (2011).

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Une espérance nommée Didier Raoult dans la noirceur actuelle.

Le point vue de l’équipe Mouvelife

Il est des noms, comme ça, qui surgissent et atteignent une renommée mondiale. Ainsi Didier Raoult. Tout a déjà été dit sur lui, nous n’allons pas répéter. Mais nous tenions à relayer cette vidéo. Pour plusieurs raisons : elle montre un homme qui est loin d’être illuminé et qui exige le respect, nous sommes à des années lumières du charlatan tel que décrit par certains de ses confrères. Ensuite, il montre qu’il n’est pas tout seul  : il y a des hommes, des femmes, de différentes générations dans son équipe.

Ce sont des humains qui ne comptent pas leurs heures au service des citoyens. C’est beau, osons employer le terme et c’est ce dont nous avons besoin. Enfin, à aucun moment Didier Raoult ne parle de traitement miracle, il dit que c’est le meilleur traitement possible s’il est pris en amont et il ne faut pas le prendre hors protocole, c’est-à-dire en automédication. Certes, on a des cas de personnes qui utilisent des vieilles boîtes de chloroquine et décèdent. Triste mais cela ne saurait être un argument pour disqualifier le recours à la chloroquine par de nombreux médecins qui ne sont certainement pas des plaisantins. Malgré les critiques obscènes, les gesticulations de Daniel Cohn-Bendit ou de Michel Cymes (qui choisit la discrétion tout d’un coup en rejoignant la réserve sanitaire), l’équipe de Didier Raoult continue son travail, énorme, maintient le lien quotidien avec le gouvernement et ne tend pas à l’oreille à ceux qui brandissent le mot ‘groupe protocole’ comme un mantra pour invalider son travail.

Grâce à lui, des millions de citoyens se connectent sur Wikipédia, sur les sites de santé pour comprendre les effets de tel ou tel traitement, apprendre, comprendre les mécanismes des virus, il conduit les citoyens à faire en sorte que leur santé, notre santé ne soit pas le pré-carré d’un cénacle de scientifiques qu’il faudrait écouter sans réagir, comme si leur parole était forcément sacrée. Ce n’est pas parce que nous devons apprendre à vivre avec le confinement que celui-ci n’aurait pas pu être évité. Les causes sont nombreuses : coupes budgétaires pendant trente ans dans les  systèmes de santé d’Europe de l’Ouest, du Canada, des U.S.A.   Le virus est contagieux, mais nous restons chez nous pour éviter que les hôpitaux soient débordés. Nous sommes pourtant dans des nations riches, très riches. Et ils sont nombreux à se demander pourquoi nous appliquons le modèle de confinement d’un pays comme la Chine, grande civilisation certes mais dont le régime politique est assez totalitaire et opaque, pourquoi n’avons-nous pas su/pu prendre exemple sur la Corée du Sud, Singapour, Taiwan, voire la Suède.

Nous n’en sommes pas à l’heure des comptes, le confinement prendra fin tôt ou tard. Mais dans cette épreuve ce sont des personnalités de la trempe de D. Raoult qui permettent aussi de tenir le coup, de garder l’espérance : c’est déjà énorme. Et objectivement, on peut d’ores et déjà conclure que ce n’est ni Michel Cymes, ni le docteur Philippe Klein, ni la professeur Karine Lacombe que l’Histoire retiendra dans la lutte contre le coronavirus. Ce sera l’équipe de Didier Raoult.

 https://www.mediterranee-infection.com/

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#Relaxer son esprit en cette période de #confinement, #Coronavirus – Par Adeline PETIT. Auteur en développement personnel.

Voilà que nous sommes en confinement depuis plus d’un mois. Nos esprits fatiguent, nos peurs deviennent de plus en plus inconfortables et,  tout cela peut prendre toute la place dans nos esprits.

Cette situation nous mets dans une situation inédite pour la plus part des personnes. Nous sommes « confrontés » au moment présent, c’est-à-dire vivre sans avoir de certitudes pour demain. Mais la seul chose qui nous reste, c’est la certitude de ce que nous vivons et ressentons là enfermés entre quatre murs.

J’ai plus de 10 ans de pratique de développement personnel depuis mon Burnout sur la période 2009-2010 et je peux vous dire que cette situation m’a fait réviser les bases de la relaxation. En effet, cela a réveillé en moi des croyances et des peurs primaires :

  • se nourrir,
  • se loger,
  • garder son travail,
  • etc.

Ma capacité de résilience grâce à mes expériences du Burnout me permet de garder un certain équilibre.

Mais une question se pose :

Est-ce que les conséquences sanitaires seront plus importantes que les conséquences psychologiques ?

Pour moi la réponse est évidente, c’est l’aspect psychologique qui sera plus impactant.

Il est temps de savoir  gérer nos peurs. En effet, il faut arrêter de les rejeter c’est cela que l’on appelle la résilience.

Cela commence par l’observation de nos émotions sans jugement, ce que l’on appelle le lâcher prise.

Cela permet de faire un état des lieux de notre carte mental est de transformer celle-ci dans notre vie quotidienne. C’est-à-dire dans des actions concrète pour gagner en estime de soi et se dépasser.

Simplement ne plus avoir peur de vivre.

 Comment ?

La technique de base c’est l’observation de ce qui se passe en nous, c’est la méditation. Ce que j’appelle aussi le fluide mental 

C’est simple est accessible à tous !

C’est pour cela que je vous propose un atelier d’initiation GRATUIT ce :

Vendredi 24 avril à 21h

Démystification de la méditation

Lien pour s’inscrire ci-dessous : seulement 10 places

https://www.facebook.com/events/605064653689490/

A bientôt, 

Adeline PETIT

Auteur en développement personnel – accomapgnement et écoute.

Retrouver moi sur www.unsensasoi.com

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Virus et réchauffement climatique versus réchauffement des esprits et crise sanitaire. Par Adeline Petit

Nous sommes le 31 mars 2020 est comme beaucoup de personnes, je suis rentrée dans ma troisième semaine de confinement à la maison à cause d’un virus, le COVID-19. Le roi des virus porte son nom comme un gant, il a mis tout le monde sur la même marche du podium et il touche tout le monde.

Maintenant, prenons notre envol au-delà de toutes les conséquences économiques, familiales, environnementales et sociétales comme Agnès Renaut l’a expliqué dans l’avant-dernier article de Mouvelife «  Le soi, le seul, le tous : crise sanitaire et prise de conscience salutaire ? ».

Franchement, il est quand même édifiant que le réchauffement climatique rime avec la crise des esprits. En effet, depuis quelques mois nous observons une accélération de l’échauffement des esprits avec les différents mouvement de groupe qui revendiquent leurs droits à plus de ressources matérielles, humaines, de reconnaissance et de dignité. Et cela dans des services essentiels au maintien de l’évolution de notre société c’est-à-dire dans l’éducation, la santé et l’agroalimentaire. Tous ces secteurs ont été dépouillés de toute dignité et de moyens à cause de revendications économiques au profit d’autres structures qui sont « non essentielles » évidement à des degrés divers. D’où un « réveil », une explosion de la colère car nous avons atteint les besoins primaires.

Oui ! Une grande partie de la population a pris conscience de cet enjeu environnemental et climatique à son « échelle ». Mais la question se pose, que faut-il faire ?

En effet, l’heure n’est plus à discuter et à penser.

Il est temps d’essayer et de mettre en place de nouvelles choses et si cela ne correspond pas aux résultats attendus, il suffira de modifier les paramètres d’ajustement.

De mon point vue (plus de 10 ans en management qualité, sécurité et environnement) : c’est le dogme de la performance et la perfection qui a échauffé tous les esprits et le climat par conséquent avec le non-respect de notre environnement. Cela a pour conséquence de mettre un voile sur nos erreurs qui sont devenues une honte et par orgueil nous ne les regardons pas alors que le droit à l’erreur est primordial. Il est même ESSENTIEL, « Les échecs » sont nos plus grand maîtres et non nos ennemis.

C’est l’arrogance de notre humanité, cette honte de s’être trompé qui bloque notre processus d’évolution : l’histoire est racontée par les vainqueurs donc il y a une perte énorme de données et d’informations. C’est peut-être pour cela que nous avons l’impression même parfois dans nos vies de répéter les même erreurs… puisque nous les nions.

Alors il est peut-être temps de revenir à l’essentiel c’est-à-dire l’EDUCATION, la SANTE et l’EXPLORATION DE LA VIE dans le respect de soi et de l’autre. Car il est évident que le réchauffement climatique est là, il a commencé. A nous de faire preuve de sagesse et de s’adapter au nouvel environnement qui se présente, en regardant nos erreurs sans les juger mais en les accueillant comme des faits. La crise sanitaire que nous vivons est peut-être un début : en 2016, la fonte des glaces a déjà libéré un vieux virus de plus 75 ans, l’Anthrax.

« Pendant l’été 2016, un enfant est mort en Sibérie de la maladie du charbon (anthrax), pourtant disparue depuis 75 ans dans cette région. », extrait de l’article de Futura planète.

Si nous observons cela dans sa globalité, il y a quand même une sacrée coïncidence entre l’échauffement de nos esprits et le réchauffent climatique.

Evidemment, nous avons bafoué les lois de la nature. Pendant que celle-ci met quatre cycles pour produire les besoins essentiels à tout être vivant, nous fabriquons des outils pour détruire nos semblables quatre fois plus rapidement ; pour aller toujours plus vite ; pour être plus fort ; PLUS et toujours PLUS. Certes, la vie est création et croissance mais nous avons oublié qu’elle a un rythme. Il est clair et évident que ce n’est pas celui que nous utilisons en ce moment.

Le réchauffement climatique va engendrer certainement la libération d’autres virus, faut-il en avoir peur ? Si nous ne changeons pas notre état d’esprit et par conséquent notre manière de vivre alors oui, la peur est nécessaire à accueillir comme une énergie de renouvellement. Là vas être l’enjeu de notre humanité, transformer nos peurs en énergie d’évolution et cela commence toujours par soi.

Connais-toi toi-même disait Socrate.

Adeline PETIT, auteure et conférencière en développement personnel.

Livre : « Un sens à soi, comment être en équilibre dans un monde en déséquilibre »

Site internet : www.unsensasoi.com

Un Sens à Soi, guide universel de développement personnel.